CANONS ET BOUCHES À FEU

BOMBARDELLES, COULEUVRINES, VEUGLAIRES & CIE

les premières pièces d’artillerie qui apparaissent en France aux alentours de 1320 semblent provenir de Lombardie.

Il s’agit de pièces de petit calibre, faites de fer forgé, assemblées par cerclage comme les douves d’un tonneau.

Elles se chargent par la culasse. le système de hausse réglable est déjà ingénieux. La portée de ces armes est d’environ 500 mètres.

LE FAUCONNEAU

Le fauconneau

Les premiers boulets, en pierre, sont rapidement remplacés par des projectiles en fer qui, souvent, sont chauffés au rouge afin d’incendier les fortifications attaquées. D’où l’expression “tirer à boulet rouge

L’artillerie à poudre ne supplantera définitivement celle des machines de jet à contrepoids que deux siècles plus tard.

BOMBARDELLES

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Les premières pièces d’artillerie que l’on voit apparaître vers 1320 étaient en fer forgé, assemblées soit en spirale soit en douelles et cerclées comme un tonneau.

Elles se chargeaient par la gueule mais après le tir, des particules de poudre incandescente restaient dans les nombreux interstices crées par le procédé de fabrication, provoquant des explosions intempestives lors du rechargement.

Il fallait soit attendre une grosse demi-heure entre chaque tir, soit mouiller l’âme à l’aide d’un écouvillon (peau de mouton enroulée autour d’un bâton) mouillé, ce qui fragilisait la pièce.

 À la fin du XIV ° et pendant le XV° siècle, on pense à charger les tubes par la culasse.

 C’est ce qu’on appelle Veuglaire.

La boite à poudre ressemble à une chope à bière et contient la charge, la bourre et le boulet (en pierre, à l’époque). Chaque pièce dispose de plusieurs de ces boites d’avance, autorisant une cadence de tir très rapide en sécurité.

L’inconvénient majeur était une perte de puissance importante car les moyens techniques de l’époque ne permettaient pas une bonne étanchéité entre cette culasse et le tube.

Fin XV° siècle, les canons ne sont plus forgés mais coulés ce qui permet d’avoir un tube lisse. Le chargement par la gueule, plus simple et plus performant, est réutilisé.

AUX ARMES !

LES ARMES À FEU AU MOYEN ÂGE

BOMBARDES

Tous nos remerciements vont à Monsieur Jean-Pierre Reverseau, ancien conservateur de la section artillerie du musée de la guerre aux Invalides, qui nous a permis de prendre le moule d’une bombarde datée de 1405.

La reconstitution fidèle d’un poids de 1,5 t a été coulée en 3 exemplaires :

1 pour le château de Castelnaud, initiateur de la commande en 1989.

1 pour le château de Tiffauges

1 pour le site de Bâtiaz, Martigny, Suisse.

DE LA BOMBARDE À MORTIER D'AUBUSSON

ET SES BOULETS DE GRANIT

Bombarde-mortier d’Aubusson en bronze avec ses deux boulets de granit, vers 1480- 1500. Inv. N 66 © Paris, musée de l’Armée / RMN-GP 06 529263.
« D’or, à la croix ancrée de gueules » © Paris, musée de l’Armée
Ecusson-d'Aubusson

Cette bombarde-mortier en bronze est la plus importante connue au monde à la fois par ses dimensions et sa masse. (Calibre : 580 mm, Longueur : 1,95 m, Masse : 3 ,325 t).

Fondue à la demande de Pierre d’Aubusson, grand maître de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de 1476 à 1503, cette bombarde porte sur la volée, au niveau de son bourrelet, en abrégé, la titulature de son commanditaire, F.Petrus Daubusson M Hospitalis Iher (F. Pierre d’Aubusson M. Hospitalier de Jérusalem) et un écu écartelé aux armes de l’ordre des Hospitaliers et des Aubusson. L’emblème de l’Ordre est la croix grecque de Saint-Jean de Jérusalem ; les armes de la famille d’Aubusson sont “D’or, à la croix ancrée de gueules”.

Contrairement aux bombardes-canons à tir tendu, qui étaient des armes offensives de siège, les bombardes-mortiers à tir courbe étaient des armes défensives de place : elles étaient utilisées pour la défense rapprochée des fossés de remparts ; leur champ utile était de 100 à 200 mètres. Les projectiles utilisés, des boulets en granit, pesaient jusqu’à 260 kg. Deux tourillons permettant de régler l’inclinaison étaient surélevés par deux forts montants en bois, ce qui rendait possible un tir pratiquement vertical, la bombarde étant bien plus dressée qu’elle ne l’est dans sa présentation actuelle.

Cette pièce est demeurée à Rhodes après la prise de l’île par les Turcs en 1522, ainsi qu’en témoigne sa pesée gravée en caractères arabes en haut de la chambre à poudre. Elle a été offerte à Napoléon III par le sultan Abdül-Aziz en 1862.

BOUCHES À FEU

Au tout début de notre ère, les Chinois font une découverte capitale. Un produit naturel, le salpêtre (sel de pierre) possède la propriété remarquable d’entretenir et d’activer les combustions. Ce dit salpêtre, en fait un mélange de nitrates contenant principalement du nitrate de potassium (KNO3) abonde en Chine ; certains sols s’y recouvrent régulièrement d’efflorescences blanches qu’il suffit de balayer pour en assurer la récolte. Dans la foulée, les Chinois préparèrent un produit vivement combustible par mélange intime de charbon, de soufre et de salpêtre. L’ancêtre de la poudre à canon venait de voir le jour ; le premier texte à en faire mention est un traité d’alchimie chinois du Xe siècle.

LES CANONS DE LA CHABOTTERIE

Reconstitution des affuts de canons de la Chabotterie pour le Conseil Général de la Vendée.

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